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De la peur du dentiste à la phobie dentaire

définition stomatophobie

Les généralités sur la peur et la phobie du dentiste (dentophobie ou stomatophobie).

Environ 5 à 10 % des adultes américains ont expérimenté la phobie du dentiste autrement appelée dento-phobie ou stomato-phobie ( source officielle).

On peut facilement imaginer autant voir pire ailleurs étant donnée que le niveau médical aux USA est un des meilleurs du monde.

La carence d’étude épidémiologique en Europe ne permet pas d’appliquer avec certitude ces chiffres à cette région du monde. Cependant il serait logique, compte tenu de la moindre médicalisation de haut niveau historique de ces régions et d’un accès aux équipements les plus modernes plus tardif que les USA, que ces chiffres soient équivalents, voire bien supérieurs.

Le trauma psychologique des soins dentaires prodigués par les dentistes sur la population européenne est ancré dans l’inconscient collectif populaire.

Alors que l’acceptation des protocoles de sédation pour les dentistes est très récent en France, le Mélange Équimoléculaire Oxygène Protoxyde d’Azote – MEOPA – mélange gazeux utilisé en anesthésie et découvert en 1772 par Joseph Priestley, a été utilisé dés 1844 par le dentiste Horace Wells aux USA. Il est utilisé de façon ordinaire sur ce continent par les dentistes depuis fort longtemps

On peut donc penser logiquement que sur ce continent américain neuf de craintes, avec des protocoles et des équipements de pointe, l’impact psychologique de la pénibilité des soins dentaires a été moindre que dans le reste du monde !

Et pourtant il existe pour une personne sur dix en moyenne… alors qu’en est-il du vieux continent européen concernant la peur et la phobie du dentiste ?

 

Cette carence de prise en charge des patients dentophobiques ou qui ont simplement peur du dentiste, est un gros préjudice pour ces patients.

L’absence de cabinets dentaires adaptés à leurs blocages psychologiques entraîne une errance médicale, une carence de soins et une associalisation de ces patients, sans compter les douleurs récurrentes atroces que ces patients s’infligent plutôt que d’aller consulter.

 

Définition: La phobie dentaire est une peur du dentiste extrêmement intense

La phobie dentaire  ou « peur du dentiste » se réfère à l’anxiété de la dentisterie en général et en particulier de recevoir des soins dentaires.

classification stomatophobie

Définition générale d’une phobie

En psychopathologie le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de souffrances psychiques.

Lorsqu’elles prennent valeur de symptômes, elles doivent être appréciées comme un signe d’une souffrance psychique.

En psychanalyse la phobie ne saurait constituer un processus pathologique indépendant et c’est pour cela qu’elle est entre autres rattachée à l’hystérie d’angoisse.

 

La forme grave de cette peur du dentiste (phobie spécifique) est diversement appelée phobie dentaire, odonto-phobie, dentophobie, stomatophobie, phobie du dentiste ou dentaire.

Toutefois, il a été suggéré de ne pas utiliser le terme « phobie dentaire » pour les personnes qui ne présentent pas des craintes excessives ou déraisonnables, mais plutôt l’expression “peur du dentiste”.

Le terme dentophobie est réservée pour des personnes présentant un trouble du comportement aigu suite à un stress post-traumatique provoqué par de précédentes expériences dentaires ou d’autres genres.

Il s’agit d’un phénomène largement répandu.

dentophobie

De l’angoisse du dentiste à la phobie dentaire: Un état extrême de peur

La peur du dentiste ou dentophobie est la sur-amplification de d’appréhension naturelle de la souffrance dentaire

 

La phobie des avions représente l’hyper-amplification de la sensation d’appréhension naturelle que tout le monde ressent lors d’un décollage. La dentophobie est la même chose pour les soins dentaire.

 

Au cabinet dentaire, il va de soi que les sensations ne sont guère agréables, même si la douleur est abolie par les anesthésies dentaires locales. Mais l’hyper-amplification de ces sensations amène à percevoir ces désagréments comme une souffrance intense, le plus souvent par anticipation fantasmée.

Dans tous les cas, les sujets frappés de phobie sont conscients de l’irrationalité de leur peur, et en souffrent.

La plupart des individus souffrant de phobie tendent à fuir l’objet phobogène (ce qui leur fait peur : les soins dentaires) ou encore, lorsque ils sont forcés de le croiser, s’arrangent pour être accompagné d’un objet « contra-phobique » qui les rassure : comme par exemple un gri-gri, une boîte de médicaments ou une personne de confiance.

L’exposition au stimulus phobique (les soins dentaires) provoque presque invariablement une réponse immédiate d’inquiétude, qui peut prendre la forme soit d’une crise de panique liée à la situation, soit d’une prédisposition à une telle crise.

Note : Chez les enfants, l’inquiétude peut être exprimée en pleurant, par de la mauvaise humeur, par de la rigidité, ou en se cramponnant.

La personne admet que la crainte est excessive ou peu raisonnable.

Note : Chez les enfants, cette caractéristique peut être absente.

Les situations photogènes sont évitées, ou bien sont supportées avec une inquiétude ou une détresse intense.

L’évitement, l’anticipation anxieuse ou la détresse dans la situation redoutée interfère de manière significative avec le quotidien normal de la personne, avec son fonctionnement professionnel (ou scolaire), avec ses activités et ses rapports sociaux.

Le fait que le dentiste aujourd’hui ne « fasse plus mal » n’est pas d’une grande aide pour les personnes touchées par ce phénomène, lesquelles d’ailleurs ne sont souvent pas prises au sérieux et sujettes aux railleries…

 

La classification comportementaliste des phobies

classifications générales stomatophobie

La classification comportementaliste sépare les phobies en trois catégories: sociale, agoraphobique, spécifique.

Les phobies se distinguent en trois catégories

1 – La phobie sociale (ou anxiété sociale)

C’est la peur d’interagir avec les autres, de réaliser certaines actions devant d’autres personnes, par exemple la blemmophobie (peur du regard des autres) ou encore l’éreutophobie (peur de rougir).

La phobie sociale n’est pas simplement une forme de timidité mais un trouble caractérisé notamment par une anxiété intense et un évitement des situations sociales, pouvant entraîner une dépression.

2 – L’agoraphobie

C’est la peur de quitter son environnement proche et de se retrouver dans un endroit dont il serait difficile ou gênant de s’extraire.

3 – Les phobies spécifiques (ou phobies «simples»)

C’est une peur où les symptômes sont déclenchés par un objet externe : souris, avions, sang, produit antiseptique, piqures, et bien sûr le dentiste et les soins dentaires.

Souvent négligées par l’entourage et parfois tournées en ridicule, elles peuvent être source de détresse psychologique majeure, et, dans certains cas, d’un impact sérieux sur la qualité de vie (phobie des transports, phobie des dentistes, phobie des animaux, phobie des phénomènes naturels).

La dentophobie est une phobie du dentiste spécifique

Les phobies vis-à-vis des maladies, comme la nosophobie (peur des maladies en général), la cancérophobie (peur du cancer) sont en principe des formes d’hypocondrie et non des phobies simples.

Certains patients peuvent avoir non pas une phobie du dentiste au sens strict du terme, mais une phobie des maladies de la bouche, des délabrements dentaires (caries dentaires) et des troubles gingivaux (parodontites) que le dentiste serait amené à diagnostiquer.

 

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